ANALYSE BRASSENS présente un site ami :
Partir un an : les aventures dessinéssinées de Chérie et Chéri
Georges Brassens, Fernande
La ballade des gens qui sont nés quelque part
Pierre Desproges
A noter que les vers 33 &agrave; 35 ont &eacute;t&eacute; cit&eacute;s par P. Desproges (qui ne cachait pas son admiration pour GB) au <em>Tribunal des Flagrants D&eacute;lires</em>. L&#039;homme qui &eacute;coutait son r&eacute;quisitoire sur le banc des &quot;accus&eacute;s&quot; &eacute;tait JM. Le Pen.
[contact auteur : Raphael W.] - []
01C&#039;est vrai qu&#039;ils sont plaisants, tous ces petits villages,
02Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cit&eacute;s
03Avec leurs ch&acirc;teaux-forts, leurs &eacute;glises, leurs plages,
04Ils n&#039;ont qu&#039;un seul point faible, et c&#039;est d&#039;&ecirc;tre habit&eacute;s,
05Et c&#039;est d&#039;&ecirc;tre habit&eacute;s par des gens qui regardent
06Le reste avec m&eacute;pris du haut de leurs remparts,
07La race des chauvins des porteurs de cocardes,
Cocarde
Insigne circulaire au couleurs nationales.<br /> Qui vient de l&#039;ancien Fran&ccedil;ais Coquart &quot;Coq&quot; au sens figur&eacute; &#039;sot, vaniteux&#039;.
[contact auteur : Jérôme A.] - []
Chauvin
Le mot &quot;chauvin&quot; a pour origine le nom de famille de Nicolas Chauvin, soldat de la R&eacute;volution fran&ccedil;aise puis de la Grande Arm&eacute;e de Napol&eacute;on Ier. Son enthousiasme et son patriotisme na&iuml;f furent ridiculis&eacute;s dans des pi&egrave;ces de th&eacute;&acirc;tre, comme la com&eacute;die &quot;La cocarde tricolore&quot; des fr&egrave;res Cogniard.<br /> <br /> L&#039;adjectif &quot;chauvin&quot; est utilis&eacute;, le plus souvent avec un sens p&eacute;joratif pour qualifier des personnes faisant preuve d&#039;un patriotisme &eacute;troit, belliqueux, voire fanatique ou x&eacute;nophobe.
[contact auteur : Richard Vitte] - []
08Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part,
09Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part.
 
10Maudits soient ces enfants de leur m&egrave;re patrie
11Empal&eacute;s une fois pour tout&#039;s sur leur clocher,
Clocher
Avoir l&#039;esprit de clocher, c&#039;est avoir un esprit &eacute;troit, &ecirc;tre chauvin, ne pas voir plus loin que le bout de sa rue. Quand on sait ce qu&#039;empal&eacute;, ou empaff&eacute;, veut dire, l&#039;image est &agrave; la fois terrible et &agrave; hurler de rire (un rire un peu douloureux quand m&ecirc;me).
[contact auteur : Henri T.] - []
12Qui vous montrent leurs tours, leurs mus&eacute;es, leur mairie,
13Vous font voir du pays natal jusqu&#039;&agrave; loucher.
14Qu&#039;ils sortent de Paris ou de Rome ou de S&egrave;te
S&egrave;te
En citant S&egrave;te, Brassens s&#039;inclut un peu dans ces imb&eacute;ciles heureux un peu trop chauvins (cf. <a href="?page=texte&id=94" titre="Supplique pour &ecirc;tre enterr&eacute; &agrave; la plage de S&egrave;te">Supplique pour &ecirc;tre enterr&eacute; &agrave; la plage de S&egrave;te</a> o&ugrave; il fait exactement ce qu&#039;il critique ici)
[contact auteur : Raphaël Bourgeois] - []
Terre &agrave; terre
Il faut bien voir que Brassens d&eacute;fend toujours la simplicit&eacute; terre-&agrave;-terre. Ici, il se prononce contre ceux qui &quot;se gonflent d&#039;orgueil&quot; et associent le hasard de leur naissance &agrave; un sentiment de sup&eacute;riorit&eacute; par rapport au reste du monde - ceux qui enfoncent soit la t&ecirc;te dans cette terre pour ne pas voir plus loin que le bout de leur nez, soit se gonflent &agrave; tel degr&eacute; qu&#039;ils planent en Dieu au-dessus des t&ecirc;tes d&#039;autrui. <br /> Dans la <a href="?page=texte&id=94" titre="Supplique pour &ecirc;tre enterr&eacute; &agrave; la plage de S&egrave;te">Supplique pour &ecirc;tre enterr&eacute; &agrave; la plage de S&egrave;te</a>, Brassens reste terre-&agrave;-terre, car il ne parle que du corps et non de l&#039;&acirc;me. La Supplique n&#039;est pas du tout gonfl&eacute;e d&#039;orgueil, au contraire : Brassens r&eacute;duit l&#039;importance de la ville de naissance au corps sans aucune pr&eacute;tention d&#039;&acirc;me... Il en est de m&ecirc;me de <a href="?page=texte&id=1" titre="La mauvaise r&eacute;putation">La mauvaise r&eacute;putation</a>, o&ugrave; &quot;le cul-terreux se retrouve par terre&quot;, ce qui dit tout.
[contact auteur : Ralf Tauchmann] - []
15Ou du Diable Vauvert ou bien de Zanzibar,
Diable Vauvert
Voici une expression dont l&#039;origine est myst&eacute;rieuse. Pour d&#039;aucuns il s&#039;agirait du ch&acirc;teau de Vauvert, situ&eacute; dans l&#039;ancien Gentilly, o&ugrave; des apparitions de diables auraient &eacute;t&eacute; constat&eacute;es ; pour d&#039;autres ce ch&acirc;teau, abandonn&eacute;, serait devenu un repaire de brigands. <br /> Toujours est-il que cette expression est tr&egrave;s ancienne puisqu&#039;on la trouve chez Rabelais : <span class="citation">&quot;Je vous chicanerai en diable de Vauvert&quot;</span>
[contact auteur : Etienne F.] - []
Diable Vauvert
Voir aussi Les fun&eacute;railles d&#039;antan pour d&#039;autres interpr&eacute;tations de cette expression.
[contact auteur : Henri T.] - []
Zanzibar
Zanzibar est utilis&eacute;e pour la rime mais aussi pour dire que les chauvins, il n&#039; y en a pas qu&#039;en France (bien qu&#039;elle en ait la r&eacute;putation) mais partout.
[contact auteur] - []
Zanzibar
&Icirc;le de l&#039;oc&eacute;an Indien, pr&egrave;s de la c&ocirc;te d&#039;Afrique ; 1 658 km2 ; 310 000 h. Ch.-l. Zanzibar (125 000 h.). Zanzibar et l&#039;&icirc;le voisine de Pemba forment la Tanzanie insulaire. <span class="reference" title="source de la r&eacute;f&eacute;rence">[Larousse]</span>.
[contact auteur] - []
16Ou m&ecirc;me de Montcuq, il s&#039;en flattent, mazette,
Montcuq
Montcuq : 46800, Lot, France
[contact auteur : Raphaël Bourgeois] - []
Mazette !
Expression un peu d&eacute;mod&eacute;e, &eacute;quivalent de notre actuel &quot;Eh b&#039;en dis donc!&quot; marquant l&#039;&eacute;tonnement ou une admiration ironique. <br /> Le Robert nous dit qu&#039;&agrave; l&#039;origine une mazette &eacute;tait un mauvais petit cheval, et par la suite un maladroit ou un incapable.
[contact auteur : Henri T.] - []

Expression &eacute;chiqu&eacute;enne : une mazette est un mauvais joueur d&#039;echecs. S&#039;il on veut chercher un rapport avec la chanson, cela risque d&#039;&ecirc;tre difficile. <br /> L&#039;expression des joueurs : &quot;quand mazette voit &eacute;chec, mazette fait &eacute;chec&quot; veut dire que ce sublime amateur ne voit pas plus loin que le bout de son nez, se pr&eacute;cipite vers le plus attirant a priori.
[contact auteur : Arno P.]

Un mauvais joueur, mais pas seulement aux &eacute;checs... Je note en particulier que l&#039;expression revient souvent chez Jean Ray pour d&eacute;signer un mauvais golfeur (<span class="reference" title="source de la r&eacute;f&eacute;rence">Contes Noirs du golf</span>). Mais dans la chanson de GB c&#039;est bien une expression d&#039;&eacute;tonnement.
[contact auteur : Gérard Lenne]

Voir aussi <span class="reference" title="source de la r&eacute;f&eacute;rence">Cyrano de Bergerac</span>, d&#039;Edmond Rostand :<br /> <span class="citation">... Ne d&eacute;couvrir du talent qu&#039;aux mazettes</span><br /> (Acte 2 Sc&egrave;ne 8)
[contact auteur : Jean-pierre Delhon]
Sortir de mon cul
Pour ne pas oublier l&#039;homophonie !
[contact auteur : Ralf Tauchmann] - []

Cf. aussi l&#039;allusion &agrave; la chanson sur le Duc de Bordeaux, dans <a href="?page=texte&id=89" titre="V&eacute;nus callipyge">V&eacute;nus callipyge</a>.
[contact auteur : Dominique Chailley]
17Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part,
18Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part.
 
19Le sable dans lequel, douillettes, leurs autruches
20Enfouissent la t&ecirc;te, on trouve pas plus fin ;
Autruches
La l&eacute;gende dit que les autruches s&#039;enfouissent la t&ecirc;te dans le sable pour ne pas voir le danger. On peut comprendre que les autruches ici sont les &quot;imb&eacute;ciles heureux&quot; qui trouvent &agrave; tirer gloire m&ecirc;me de leur l&acirc;chet&eacute;, ou de leur aveuglement volontaire.
[contact auteur : Henri T.] - []
21Quant &agrave; l&#039;air qu&#039;ils emploient pour gonfler leurs baudruches,
Erratum
Quand : lire Quant
[contact auteur : Dominique Chailley] - []
22Leurs bulles de savon, c&#039;est du souffle divin.
Baudruche
La baudruche, ce ballon de couleur qu&#039;on gonfle pendant les f&ecirc;tes, est depuis longtemps l&#039;image de la vanit&eacute;. La Fontaine s&#039;y r&eacute;f&egrave;re indirectement dans La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf. Comme la bulle de savon, la baudruche est &eacute;ph&eacute;m&egrave;re et ne dure que le temps d&#039;une f&ecirc;te. Vanit&eacute; des vanit&eacute;s... Quand au souffle divin, c&#039;est litt&eacute;ralement l&#039;Esprit Saint. La racine gr&eacute;co-latine du mot esprit, dans ce sens, signifie litt&eacute;ralement &quot;souffle&quot;. C&#039;est aussi le souffle divin qui donne la vie &agrave; Adam, poup&eacute;e de glaise fa&ccedil;onn&eacute;e par Dieu qui s&#039;ennuyait.<br /> Non seulement, donc, les &quot;imb&eacute;ciles heureux&quot; sont vaniteux, mais ils justifient leurs pr&eacute;tentions en faisant appel &agrave; la Divinit&eacute;.
[contact auteur : Henri T.] - []
23Et petit &agrave; petit, les voil&agrave; qui se montent
24Le cou jusqu&#039;&agrave; penser que le crottin fait par
Se monter le cou
...ou encore &quot;se hausser du col&quot;, c&#039;est aussi faire preuve de pr&eacute;tention ou de vanit&eacute;, &quot;p&eacute;ter plus haut que son cul&quot;, voire &quot;po&eacute;ter plus haut que son luth&quot; comme disait, sans doute, un po&egrave;te.
[contact auteur : Henri T.] - []
25Leurs chevaux, m&ecirc;me en bois, rend jaloux tout le monde,
Protectionnisme
Lorsque l&#039;on poss&egrave;de quelque chose dont on pense les autres jaloux, on a tendance &agrave; pratiquer le protectionnisme, &agrave; vouloir le d&eacute;fendre contre le pillage des gens qui ne le m&eacute;riteraient pas. <br /> Vers 23-24-25, Brassens semble parler de parano&iuml;a qui m&egrave;ne &agrave; la protection du territoire contre l&#039;immigration.
[contact auteur] - []

Sans aller chercher si loin, ces 3 vers d&#039;une dr&ocirc;lerie dont seul Brassens est capable semblent simplement d&eacute;noncer la fiert&eacute; ridicule dont font preuve ces <em>imb&eacute;ciles heureux</em> pour des choses insignifiantes et chim&eacute;riques, en l&rsquo;occurrence du crottin de cheval de bois.
[contact auteur : Fabrice Milovanoff]
26Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part,
27Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part.
 
28C&#039;est pas un lieu commun celui de leur naissance,
Lieu commun
Jeu entre la locution &quot;un lieu commun&quot; : une id&eacute;e tr&egrave;s (voire trop) r&eacute;pandue,<br /> et le lieu de naissance (qui n&#039;est donc chez ces gens-l&agrave; pas commun, mais d&#039;un int&eacute;r&ecirc;t exceptionnel).
[contact auteur] - []
29Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux,
30Les petits maladroits qui n&#039;eur&#039;nt pas la pr&eacute;sence,
31La pr&eacute;sence d&#039;esprit de voir le jour chez eux.
32Quand sonne le tocsin sur leur bonheur pr&eacute;caire,
Tocsin
Les cloches des &eacute;glises sonnaient autrefois le tocsin (<span class="citation">&quot;sonnerie r&eacute;p&eacute;t&eacute;e et prolong&eacute;e&quot;</span>, dit le Robert) pour signaler un incendie (c&#039;&eacute;tait avant les sir&egrave;nes &eacute;lectriques) ou annoncer la guerre, comme l&#039;implique le reste du couplet.
[contact auteur : Henri T.] - []
33Contre les &eacute;trangers tous plus ou moins barbares,
Plus ou moins barbares
Ici, Brassens joue certainement sur l&#039;&eacute;tymologie du mot &quot;barbare&quot;, qui signifie &quot;&eacute;tranger&quot; en grec. Il souligne donc humoristiquement ce pl&eacute;onasme masqu&eacute;, puisque de ce point de vue, tout &eacute;tranger est finalement un barbare, et vice-versa. <br /> Bien entendu, l&#039;acception commune du mot &quot;barbare&quot; est &eacute;galement entendue ; il va de soi que les &eacute;trangers ne sont pas forc&eacute;ment cruels...
[contact auteur] - []

Pour les Grecs de l&#039;antiquit&eacute;, les <em>barbares</em> sont aussi les personnes qui portent la barbe (ou la moustache). <br /> Il est int&eacute;ressant de noter que Brassens ayant port&eacute; sa luxuriante moustache pendant presque toute sa vie, il pouvait donc &ecirc;tre de ces barbares.
[contact auteur]
34Ils sortent de leur trou pour mourir &agrave; la guerre,
35Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part,
36Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part.
 
37Mon Dieu, qu&#039;il ferait bon sur la terre des hommes
38Si l&#039;on n&#039;y rencontrait cette race incongrue,
39Cette race importune et qui partout foisonne :
40La race des gens du terroir, des gens du cru.
41Que la vie serait belle en toutes circonstances
42Si vous n&#039;aviez tir&eacute; du n&eacute;ant ces jobards,
43Preuve peut-&ecirc;tre bien de votre inexistence :
Vous
Votre inexistence. Il s&#039;agit de ce &quot;Mon Dieu&quot; que GB invoque au d&eacute;but du couplet. Les preuves de l&#039;existence de Dieu ont &eacute;t&eacute; pendant des si&egrave;cles &acirc;premement disput&eacute;es par des tas de th&eacute;ologiens et de philosophes, Descartes entre autres.
[contact auteur : Henri T.] - []
44Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part,
45Les imb&eacute;ciles heureux qui sont n&eacute;s quelque part.
N&eacute;s quelque part
Maxime Le Forestier avait, &agrave; la fin des ann&eacute;es 80 il me semble, fait une r&eacute;ponse &agrave; GB dans sa chanson N&eacute;s Quelque Part (<span class="citation">On choisit pas ses parents - On choisit pas sa famille...</span>) o&ugrave; l&#039;on peut entendre au refrain de magnifiques choeurs sud-africains.
[contact auteur : Henri T.] - []
Maxime (bis)
Il est d&#039;ailleurs assez paradoxal que Brassens, sa pipe et ses chats, silhouette plut&ocirc;t casani&egrave;re, se d&eacute;clare ici implicitement citoyen &quot;de la terre des hommes&quot;, quand Le Forestier, avec son image de hippie voyageur, un peu exotique (San Francisco, Passer Ma Route, Ambalaba, Bille de Verre) r&eacute;clame le droit d&#039;appartenir &agrave; un terroir : <span class="citation">Je suis n&eacute; quelque part, laissez-moi ce rep&egrave;re ou je perds la m&eacute;moire</span>
[contact auteur : Henri T.] - []
Maxime Le Forestier
Question d&#039;&eacute;poque, il ne faut pas oublier le contexte, historique et social, de ces deux textes ! D&#039;un c&ocirc;t&eacute;, un certain nationalisme (Brassens &eacute;tait contre), de l&#039;autre, l&#039;ultra-mondialisation actuelle (on imagine que Maxime n&#039;est pas forc&eacute;ment pour).
[contact auteur : Arnaud D.V.] - []
Nuance
Je ne suis pas s&ucirc;r que Brassens fustige ici les &quot;gens du terroir&quot; ou m&ecirc;me l&#039;attachement que l&#039;on peut avoir (peut-&ecirc;tre que l&#039;on doit avoir) pour ses racines mais plut&ocirc;t les &quot;imb&eacute;ciles heureux&quot; qui en font &eacute;tat &agrave; tout bout de champ et qui m&eacute;prisent les racines des autres (cf. premier couplet). <br /> Brassens &eacute;tait discret, aimait la discr&eacute;tion et aimait avec discr&eacute;tion. Il &eacute;crit la <a href="?page=texte&id=94" titre="Supplique pour &ecirc;tre enterr&eacute; &agrave; la plage de S&egrave;te">Supplique pour &ecirc;tre enterr&eacute; &agrave; la plage de S&egrave;te</a> et ach&egrave;te une maison en Bretagne, la Supplique pr&ocirc;ne le retour aux racines &quot;post-mortem&quot; sans pour autant glorifier S&egrave;te, d&#039;ailleurs on n&#039;y parle que de la plage...<br /> Je ne pense pas donc qu&#039;il puisse y avoir contadiction entre ces deux chansons m&ecirc;me si GB semble s&#039;en excuser, le moins que l&#039;on puisse dire c&#039;est que la Supplique ne semble pas &ecirc;tre l&#039;oeuvre d&#039;un imb&eacute;cile, f&ucirc;t-il heureux.
[contact auteur : Philippe S.] - []

A ce propos, Michel Barlow, dans <span class="reference" title="source de la r&eacute;f&eacute;rence">Chansons Brassens</span> (Profil d&#039;une oeuvre, 1981) : <br /> &quot;Il est une cat&eacute;gorie de b&ecirc;tise qui sert souvent de cible aux sarcasmes de Brassens, on pourrait l&#039;appeler la b&eacute;tise <em>g&eacute;ographique</em>. Certes tout homme a ses racines et ne saurait les m&eacute;priser. Mais ce qui est grave, c&#039;est de ch&eacute;rir les racines au point d&#039;en oublier les branches, les fleurs ou les fruits ; d&#039;&ecirc;tre plus soucieux de ses origines que de sa destination, de se pr&eacute;ocuper tant de sa patrie qu&#039;on en oublie d&#039;&ecirc;tre soi-m&ecirc;me [...]. Tout cela ne serait que ridicule si la b&ecirc;tise ne s&#039;alliait souvent &agrave; l&#039;agressivit&eacute;. Les querelles de clocher d&eacute;g&eacute;n&egrave;rent vite en incidents de fronti&egrave;re : et l&#039;on s&#039;&eacute;tripe h&eacute;ro&iuml;quement pour &quot;l&#039;Amour sacr&eacute; de la partie&quot;...&quot;
[contact auteur : Christophe B.]

Georges Brassens